Enfants adoptés : « envoyés comme un colis », le marché clandestin du rehoming aux États-Unis

Imaginez la situation : un enfant, arraché de son environnement familier et confié à une famille qu’il a longtemps considéré comme la sienne, se retrouve soudainement à nouveau abandonné. Aux États-Unis, ce scénario tragique se répète chaque année pour environ 25 000 enfants adoptés. Loin des projecteurs, un phénomène méconnu appelé « rehoming » sème l’inquiétude quant aux pratiques du système d’adoption américain.

Qu’est-ce que le rehoming ?

Le « rehoming » se réfère à une pratique où des parents adoptifs choisissent de se séparer de leur enfant adopté en le confiant à une autre famille, souvent sans aucune supervision légale ni suivi des services sociaux. Bien qu’elle soit tolérée dans certains États américains, cette pratique échappe largement à la régulation, mettant en danger bon nombre de ces enfants. Une étude révèle des chiffres alarmants : sur 100 000 enfants adoptés, plus de 25 000 sont ainsi abandonnés par leurs familles adoptives.

Un témoignage poignant

Le parcours de Nita illustre ce sombre tableau. Elle a été « réhousée » à cinq reprises. Ses mots résonnent comme autant de cris d’angoisse : « J’avais peur, (…) je ne savais pas avec qui j’allais habiter, ni dans quelle ville, j’étais envoyée comme ça, à n’importe qui, comme on envoie un colis par la poste. »

Un marché noir inquiétant

Sur cet étrange marché parallèle, des parents désillusionnés mettent fin au projet d’adoption et proposent leur enfant sur internet, souvent à travers de simples annonces hallucinantes dans leur banalité. Ainsi, des descriptions succinctes accompagnées de tarifs évoquent un commerce morbide :

  • Amanda, 5 ans, yeux bleus, adore les puzzles (4500$)
  • Jeremy, 9 ans, boute-en-train (2750$)
  • Jason, 12 ans, aime la pizza et le base-ball (2400$)

Pourquoi recourir au rehoming ?

Plusieurs facteurs conduisent les familles à prendre cette décision. Pour certains, la réalité de l’adoption s’accompagne de troubles comportementaux de l’enfant ou de défis non anticipés qui dépassent leurs capacités. Le manque de préparation et d’appui post-adoption aggrave ces déséquilibres, résultant souvent en ce bouleversement majeur de la vie d’un enfant.

Un appel à la réforme

Alors que la gravité du problème attire de plus en plus l’attention, une prise de conscience se développe enfin. Certaines organisations militent pour une réglementation plus stricte du « rehoming » et un soutien renforcé pour les familles adoptives afin de prévenir ces dramatiques séparations. Néanmoins, en 2025, les lois fédérales n’ont toujours pas encadré cette pratique de manière adéquate, laissant de nombreux enfants à la merci d’un système lacunaire. Comme l’indique un article du Courrier, la prise de conscience est timide mais en cours.

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