Le jour où Marie a reçu l’appel qui a tout changé : « une simple pression insupportable »

Il suffit parfois d’un simple coup de fil pour que tout bascule. Marie se souvient de cet appel du 6 juin 2018, à 15h17, comme si c’était hier. À l’autre bout de la ligne, son mari lui annonce que leur petite Rose, âgée de six mois, est dans un état critique et doit être transférée d’urgence à l’hôpital. Jusque-là, chaque mercredi, Rose était confiée à une même assistante maternelle depuis seulement cinq semaines. Pourtant, l’irréparable est déjà arrivé.

Le choc du diagnostic

À leur arrivée à l’hôpital, les médecins confirment le pire : Rose a été victime du syndrome du bébé secoué. Marie se rappelle que le personnel médical ne laissait aucun doute sur le fait que sa fille avait été maltraitée. Elle revit ce moment terrible où, à 19 heures, la situation leur est exposée sans détour.

Les heures les plus longues

Pendant les 48 heures qui suivent, Marie et son compagnon ne quittent pas le chevet de leur fille. Le 9 juin, face à l’inéluctable, ils doivent prendre la décision déchirante : celle d’arrêter les soins. Rose s’éteint, laissant ses parents dévastés. C’est en plein milieu de leur deuil qu’un nouvel appel vient bouleverser leur quotidien : l’assistante maternelle de Rose est en garde à vue et finit par avouer avoir secoué l’enfant après avoir été poussée à bout par ses pleurs.

Une justice attendue

Trois ans après la tragédie, le procès se tient. L’assistante maternelle est condamnée à 15 ans de prison, ainsi qu’à une interdiction à vie d’exercer. Marie et son compagnon ressentent alors que la justice a été rendue, même si rien ne pourra jamais ramener leur fille. Ils doivent vivre avec la perte et la douleur de ce qu’a subi Rose.

Transformer la douleur en combat

Désormais, Marie a décidé de faire de sa douleur un combat. Elle s’est engagée au sein de l’association France bébé secoué, dans le but de sensibiliser le public. Elle insiste sur l’importance de demander de l’aide et de passer le relais quand la pression devient insupportable. En France, chaque année, environ 500 bébés sont victimes de secouements, et les conséquences en sont souvent dramatiques. Ce tragique phénomène, impliquant essentiellement des hommes du foyer ou des assistantes maternelles, pourrait être évité avec une meilleure prévention et sensibilisation.

Bien qu’elle sache qu’elle ne retrouvera jamais Rose, Marie poursuit son engagement, espérant prévenir de nouveaux drames et sauver d’autres enfants.

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